Clôture de la fête de la science


 

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DEMONSTRATIONS TECHNIQUES SOUTERRAINES A VAL DE FER DIMANCHE 16/10/2005 DE 14 H A 17 H

  • Ambiance et fréquentation

Un temps doux et ensoleillé permet l’arrivée fluide, bien étalée, de groupes familiaux de 2 à 8 personnes. Ce sont 80 visiteurs au total, piqués par la curiosité, qui sont attirés vers la galerie-musée. Friands de démonstrations, souterraines de surcroît, ils sont pressés de voir se dérouler le programme.

La plupart, dont une vingtaine d’enfants viennent des  11 communes de Moselle et Madon, mais aussi de la banlieue nancéienne et même de Sexey-Les-Bois, Lunéville, et un Polonais, étudiant de passage. Nous sommes émus par une comptable des anciens bureaux de la Mine qui a travaillé 30 ans là. Agée de 93 ans, elle n’avait pas revu le site depuis 4 décennies. Elle distribuait «la paie» au guichet de la Maison des salaires, mais allait porter par le train minier intérieur, le salaire des mineurs de Val Fleurion à CHALIGNY et à ceux de la Petite goutte, Grande goutte et Martinvaux à MARON, pour leur éviter le déplacement. Ses enfants et elles pleuraient de joie pendant le récit. Elle évoquait avec émotion son embauche par Monsieur FORQUIN avec Simone REMY, elle-même embauchée au tournage à la même époque.

Pendant ce temps, un groupe ébahi suivait le nouveau parcours, au cœur de la minette. «Ca nous change du mur d’agglos». Sol inégal, boyau étroit, balises de récents piliers «en dur», plafonds bas boulonnés grillagées, parois minérales. Odeurs de poussière dégagée par le percement des trous de tirs, fumée qui chatouille les oreilles et les narines, picote les yeux.

Mineurs et nouveaux techniciens retraités guident et démontrent.

  • Première Galerie de sécurité : «démos» (démonstrations)

Dans la galerie de droite sont expliquées les 4 techniques de tirs pratiquées en vue de l’extraction.

a) Le mineur de 1840 à 1910 paie : poudre, mèche lente, éclairage, outils.

Il en prend soin, économise. Il creuse au marteau et burin plat ou à la barre à mine. Les trous sont de 30 à 50 cm. Une saignée a été préparée au sommet et au bas de la galerie, pour créer un dégagement. Il perce 2 à 4 trous, pas plus, vu le temps nécessaire à les creuser au vilebrequin à main, avec une plaque d’appui. Si le minerai est dur, l’effort de poussée sur la barre à trous est très important. Les trous sont remplis de poudre noire en grains, recouverts de poussière de minerai. Une bourre bien tassée est poussée contre cette poussière, à l’aide d’un tube. Le boutefeu pousse alors une mèche d’amadou au contact de l’ensemble. La longueur différente de la mèche définit les temps de départ des tirs.

Alors, il reste à enflammer les mèches avec la lampe à huile, en commençant par la plus courte ; se mettre à l’abri ; taper sur un rail avec un bout de fer en criant à l’équipe «ça brûle, ça brûle», compter pour être sûr que les charges sont toutes explosées. Attendre un quart d’heure. Partir constater l’effet produit sur son chantier. Charger à la main le bon minerai trié dans le wagon.

Les marnes stériles, rangées le long de la galerie renforceront l’étayage.

b) De 1910 à 1950 : Oxygène liquide – foration et tirs à 8 coups.

Les engins de chargement mécanique sont alimentés en continu, il est nécessaire d’augmenter les rendements, d’accélérer la foration. Les cartouches à oxygène liquide dégagent moins de fumée que la poudre et deviennent inertes une heure après leur trempage.

Dès 1912, une équipe spéciale approvisionne les quartiers en nourrices d’oxygène liquide par wagons spéciaux. Chaque chantier possède ses percolateurs, bidons de trempage remplis liquide à moins 180 degrès.. Les mineurs expérimentés sont habilités pour les tirs à 8 coups.

Un marteau piqueur roto-percutant fore des trous profonds à l’aide d’une turbine à air.

Le mineur met ses cartouches en papier kraft remplies de sciure, de poudre d’aluminium et autres additifs tenus secrets, à tremper pendant 15 à 30 minutes suivant les dimensions qui vont de 30 cm à 80 cm. Une fois saturées, les cartouches sont placées très vite au fond du trou de mine après y avoir introduit une mèche spéciale qui communiquera le feu. Un bourrage de poussière de minerai s’ajoute par-dessus. Des micro-retards permettent le départ séparé des mèches. Quand tout le schéma est chargé, le mineur allume les mèches, se place plus loin, compte les coups allumés.

Du trempage à l’explosion, le mineur dispose au maximum de 15 minutes, sinon l’oxygène sera évaporé et ne donnera plus rien. L’avantage c’est qu’au bout d’une ½ H, le mineur ne courra aucun danger en retournant sur ses charges. Moins de danger qu’avec la poudre noire. Chargement à la main, tri au fur et à mesure. Puis, mécanisation obligatoire car la quantité de minerai est plus importante avec les trous plus profonds.

c) 1950 à 1970 Oxygène liquide et explosif solide ; tirs à grandes volées

Les marchands d’explosifs réalisent des allumeurs électriques. Le mineur ne paie plus ni poudre, ni artifices de tir. La direction met le nouveau matériel à disposition du mineur. Ce dispositif de mise à  feu permet  de  déterminer  les  espaces  de  temps  précis  entre  le départ de chaque explosion que le mineur a choisis pour le meilleur rendement. Un premier explosif chloraté, militaire, la cheddite est assez dangereux.

Il est vite remplacé par des explosifs nitratés, de type TITANITE. N 40 R ou autres. Puis c’est une dynamite pulvérulente F1, excellent explosif brisant, presque pas de bourrage, très efficace dans des marnes dures.

Le schéma de tirs peut comporter 28 trous pour une section de 4 m x 3 m sur 2 m de profondeur. Il faut 2 caisses de 25 kg d’explosifs très rapidement les trous sont forés par des jumbos à un bras puis à 2 bras.

Un détonateur est introduit dans la cartouche ; un bourroir pousse la cartouche au fond du trou préalablement mis en bourre de poussière de minerai. Le fil dépasse du trou de mine, relié en série avec les autres fils, il sera raccordé à la ligne de tirs. Un gros exploseur raccorde les fils reliés entre eux, 50 tours de manivelles chargent les condensateurs, la lampe rouge s’allume. Au-dessous, en appuyant sur le petit bouton, on libère 18 ampères sous 2000 volts dans la ligne de tir parfaitement isolée.

A la fin de poste, plusieurs schémas de tirs sont enflammés provoquant une fumée toxique. Elle sera évacuée à l’entre- poste par de gros ventilateurs et des gaines de ventilation adaptées aux différents quartiers.

Au retour de poste suivant, le mineur constate l’effet de tir, met en sécurité plafonds et parois en les purgeant.

Maron-Val de Fer a fermé le 25 Décembre 1968. Dans les autres mines lorraines la vie continue.

d) De 1970 à 1993 : utilisation du NITRATE-FUEL avec booster d’amorçage

Les progrès s’accentuent et un nouvel explosif est unanimement adopté dans les mines de fer : il s’agit du nitrate-fuel moins 94 % de nitrate d’ammonium (engrais) + 6 % de fuel domestique, le tout intimement malaxé. Cet explosif appartient à la famille des explosifs nitratés et se présente sous la forme de petits granulés livrés en sac de 25 kg. Sa vitesse de détonation étant de l’ordre de 3000 à 4000m/s, sa puissance est donc inférieure à celle des dynamites et des explosifs nitratés mais son faible prix de revient et son insensibilité aux chocs compensent largement cet inconvénient. Les trous sont gros et on les remplit complètement.

C’est un explosif brisant et il n’y a plus besoin de bourrage.

Fini la corvée des petites bourres en papier à enfiler dans chaque trou de mine : il suffit de placer une petite charge d’explosif solide avec son détonateur au fond du trou et ensuite d’insuffler à l’aide d’un tuyau le nitrate fuel. Le produit en remplissant le trou fait sortir le tuyau et lorsque celui-ci réapparaît à la sortie du trou, on passe au suivant.

Les schémas de tirs peuvent être importants (de 28 à 40 coups).

De grosses machines chargent et transportent le minerai pour l’évacuer vers la sortie au jour.

C’est la mine moderne telle qu’elle a existé jusqu’à l’arrêt de toutes les mines de Lorraine en 1993

Nous laissons boutefeux et artificiers pour nous rendre sur le chantier des boulonneurs.

  • Deuxième galerie de mise en sécurité

Encore sous le coup des découvertes, les visiteurs aperçoivent deux travailleurs.

Boulonnage d’ancrage à la résine, c’est la nouvelle démonstration.

Le boulonneur met en place des boulons. Ils sont fixés dans la couche dure située bien au- dessus de la galerie pour retenir ensemble les blocs instables.

«Ce chantier vous présente la mise en place d’un boulon d’ancrage à la résine. » Les yeux agrandis en direction du plafond, tous observent le long «foret». Entraîné par l’air comprimé, il attaque le toit de la galerie. Une poussière fine et blanche tombe tout doucement.Nous sommes donc dans les marnes dures. Le foret pénètre lentement, très lentement sur une cinquantaine de centimètres. Le démonstrateur transpire à grosses gouttes.  Brusquement la poussière change de couleur, elle est brune. Et le foret perfore à grande vitesse la strate de minerai brun, beaucoup plus tendre que la précédente couche de marnes grises dures.

Le mineur procède à quelques allers et retours pour que le trou soit propre. Il enlève une mèche, dispose des cartouches de résine à l’intérieur. Le boulon monte alors dans le trou, fait son mélange. La rotation devient de plus en plus lente. Tout s’arrête. Le boulon est amarré, les blocs suspendus sont resserrés. Il a fallu 10 minutes. Il ne reste plus qu’à mettre la plaquette de fer et l’écrou.

Bien ancré, un boulon comme celui-là retient au minimum 10 t, au maximum 20.

«Vraiment, c’est génial» dit un ado «Oui, ajoute son Père, c’est comme si la mine repartait, ton Grand-Père serait content de voir ça».

Une femme ajoute «Quel dur travail ont eu ces mineurs ! Il faut continuer à transmettre tout ça pour leur rendre hommage» «c’est bien la Fête de la Science et des techniques, continuez, on reviendra !».

Cette «première» sera une référence.

De petits groupes accueillis, des démonstrateurs expérimentés, un climat de confiance. Quelques uns à la sortie sont heureux de boire un café bien chaud et certains remplissent de bonne grâce le petit questionnaire. Les bénévoles sont aussi satisfaits que le grand public. Un bel et bon après-midi pour deux démonstrations qui feront date.

ETS BOYETTE et AMO sont fiers de leur journée.


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Dernière mise à jour le : 11 février 2008.